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«Je ne voulais pas copier Travolta»

14 juin 2017 - musique
«Je ne voulais pas copier Travolta»

Quarante ans après John Travolta, Nico Archambault est le nouveau roi de la discothèque. Vedette de la comédie musicale Saturday Night Fever, succès printanier au Palais des sports de Paris, le danseur étoile est envahi par un sentiment de fierté à l’idée de traverser l’Atlantique pour venir présenter la version québécoise du spectacle tout l’été au Capitole de Québec.

Rencontré dans la capitale lors d’un court séjour de promotion, le mois dernier, Nico Archambault débordait de confiance à quelques semaines de la grande première.

À juste titre puisque son aventure française a été une réussite complète. Depuis ses débuts en février, SNF a attiré de belles foules et recueilli de bonnes critiques. Et Nico Archambault a fait tourner les têtes.

«Tout était de l’inconnu quand j’ai embarqué dans cette aventure. D’avoir remporté ce pari en France et de ramener ça à la maison pour le partager avec le public québécois, et aussi une équipe québécoise, je trouve ça emballant. Ça me rend fier», dit Archambault.

UN MANERO PLUS DANSANT

Il est vrai que le défi était de taille. Nico Archambault devait faire sien un personnage, celui du jeune ouvrier de Brooklyn Tony Manero, qui avait fait de John Travolta une star lorsque le film Saturday Night Fever (La fièvre du samedi soir, en version française) était sorti en 1977.

Très vite, le Québécois a écarté l’idée d’en faire une imitation.

«Je ne voulais pas copier ce que Travolta avait fait, mais il y a des éléments dans son charisme et son énergie qui m’ont inspiré», confie Nico Archambault, qui reprend bien évidemment les pas de danse les plus célèbres de Manero.

D’ailleurs, parce qu’on se retrouve dans un univers de comédie musicale, le Manero d’Archambault danse beaucoup plus, et beaucoup mieux, que celui de Travolta.

«On a poussé la danse à un autre niveau alors que dans le film, et c’est ce qui est touchant d’ailleurs, personne n’est vraiment bon danseur. Ça se passe dans le plaisir de danser, mais ce ne sont pas des professionnels. Même pour Travolta, qui est le meilleur, ça passe davantage par le charisme que les mouvements de danse.»

IL A AIMÉ LA FRANCE

Mais revenons à la France, qui a réservé un bel accueil à Archambault. Au point où le danseur québécois, qui retrouvera la troupe française de SNF en septembre pour une série de représentations qui s’échelonnera jusqu’en mars 2018, souhaite y développer d’autres projets.

«C’est un peu tôt pour dire que je me suis ouvert un nouveau marché, mais je le souhaite. J’ai beaucoup aimé travailler en France, j’ai beaucoup aimé le public français et j’aimerais que ça puisse mener à autre chose. Que mon temps là-bas puisse se multiplier. Maintenant que j’ai moins la tête enfoncée dans le projet de SNF, j’ai plus de temps pour rencontrer des gens. J’essaye de développer des relations là-bas.»

Nico Archambault, qui a mis en scène le dernier spectacle de Coeur de pirate et réalisé quelques vidéoclips, envisage de retourner derrière la caméra.

«J’aimerais continuer de réaliser. Je regarde ce que je peux faire pour redémarrer ça à Paris à l’automne.»


♦ Saturday Night Fever sera présentée 50 fois au Capitole de Québec, du 28 juin au 3 septembre 2017.

 

PAS UN FAN DES FILMS DE DANSE

Étrangement, le danseur le plus populaire du Québec n’est pas friand des films de danse. Dirty Dancing? Bof…

Même que lorsqu’on demande à Nico Archambault de dresser une liste de ses trois films de danse favoris, il n’arrive d’abord qu’à deux: White Nights avec les grands Mikhail Baryshnikov et Gregory Hines, et la comédie musicale Billy Elliot.

Après mûre réflexion, il ajoute Black Swan, film qui a valu l’Oscar de la meilleure actrice à Natalie Portman. Mais c’est à peu près tout.

«Sauf exceptions, les films de danse ne sont pas les meilleurs, justifie-t-il. Je n’ai jamais vraiment aimé Dirty Dancing, je n’étais pas un grand fan de Flashdance. Même les plus récents, comme Center Stage et Step Up. J’aime quand on ne sacrifie pas l’histoire au profit de la danse.»

Quant au film Saturday Night Fever, qu’il avait apprécié, Nico Archambault fait clairement bande à part. Il est l’un des rares à avoir préféré la suite, Staying Alive, qui avait pourtant été démolie par la critique à sa sortie en 1983.

«Moi je le trouve génial. Tony Manero a vraiment des lignes très drôles et c’est très power 80’s», raconte Archambault à propos de ce film qui avait été réalisé par un certain Sylvester Stallone.

 

UNE DISCIPLINE DE VIE TRÈS STRICTE

Yoga, gymnastique, alimentation saine: pour tenir le coup pendant deux heures à danser et jouer la comédie dans Saturday Night Fever, Nico Archambault ne laisse rien au hasard.

«C’est la discipline la plus stricte que je me suis imposée», affirme l’artiste québécois.

«Le spectacle est extrêmement physique et je ne sors presque jamais de scène. Je dois être capable de réaliser une chorégraphie super intense, arrêter de danser et tout de suite parler sans être essoufflé pour que les gens me comprennent bien.»

À Paris, la production n’avait pas de remplaçant. Alors les congés de maladie pour Nico, il fallait oublier ça.

«J’ai trouvé un équilibre qui fonctionne bien pour moi. J’ai une hygiène de vie très stricte les jours de spectacle et je relâche durant les congés. Quand je joue, je mange super bien, je ne bois pas d’alcool et je fais attention de bien dormir. En plus du spectacle, qui use le corps, je prends aussi le temps de faire mon conditionnement physique. Il faut maintenir le corps dans un état de performance permanent. Je fais du yoga, de la gym. Je n’ai pas besoin de faire de cardio, car je le fais sur scène durant les représentations», dit celui qui fait donc environ une heure et demie d’exercice, cinq jours par semaine.

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